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Amandine leconte- en vrack

courte fiction

liberté, égalité, et après... from leconte amandine on Vimeo.

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parce que ça déchire

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sue webster & tim nodle

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CARNET DE VOYAGE, Afrique de l'ouest, jour de fête, 2007


La ville, depuis deux jours, fait l’écho des doudoums, boites de conserves et autres percussions improvisées. D’étranges cortèges bigarrés déambulent dans les rues, aux rythmes des chants traditionnels. Au sein des deux cents circoncisions annoncées durant les trois jours, la famille de notre hôte s’apprête à en dénombrer plusieurs.

Rendez vous des proches parents dans une cour minuscule, tout le monde est sur son 31, sous la chaleur écrasante du soleil de midi. Tandis que l’espace exigüe ne cesse de s’emplir, le chœur ancestral de femmes au milieu scande les paroles d’usages, et bat le rythme sur tout ce qui se trouver là. Les phases se répètent en canon, relayé par les autres alentour . Celles dont l’âge ne permet plus un tel exercice, sont assises à l’ombre, frappant des mains ou du pied. Alors que les enfants oscillent entre espiègleries et participation ; la sueur se repens a grosses gouttes sur les visages, et dans les plis du bazins. Mon air ahurie contraste probablement avec les sourires éclatants qui m'entoure...Je ne crois pas avoir ressentit une telle puissance sonore ailleurs que devant les enceintes de quelques grand messe technoïde. En tout cas l'obédience catholique ne m’avaient pas préparé à un tel enthousiasme lors d'une fête religieuse... Mon corps est sur le point de choir, sous le coup de la chaleur et de la promiscuité, alors que l’assemblée se décide à sortir de là, pour se joindre au reste de la population dans la rue qui bouillonne. Retrouvant mes esprits je décide de mettre une bonne distance de sécurité entre moi et la tête du cortège. Ainsi j'ai le loisir d'observer les parures, dont certaines sont pour le moins plus surprenantes, et de respirer... Boucles d’oreilles pendantes en cubes de bouillon ‘Maggi’, coiffures ornées de nœuds en sacs plastiques, sandales dépareillées,... je pense aux films de Jean Rouch, quand un costume attire particulièrement mon regard. Une femme portant des cornes de taureau et des vessies gonflées en ceinture. J'interroge Tahara, notre hote, qui m’apprend que c’est une représentante de la famille des bouchers. Je veux son portrait, et me faufile dans la foule dans son sillage. Deux coudées plus loin, nous somme bloqués. La foule fait du sur place et chante. Les élus a la circoncision sont brandit fièrement au dessus des têtes par leurs ainés, naviguant en direction du lieu consacré au rituel. Encore une fois je sens ma place plus en retrait, et cherche des visages connus. Ibrahim m’accueille l’air inquiet, pour m’entrainer dans une autre cour et accéder à mon besoin le plus fondamental à cet instant: boire.

L’antre obscure suggère une femme monumentale, plongeant un bol en plastique bicolore, dans la glacière où flotte d’énorme bloc de glace. Là, rassasié, je reprend pieds, et réalise que je viens seulement d'atterir sur le sol Malien, enfin.

A Bamako un ancien professeur (de Russe) Malien défend que l’islam en Afrique n’est qu’un vernis, son cœur est animisme. L'esprit religieux pourtant est omniprésent. Il mobilise ces fidèles plusieurs fois par jours, impose ses arrêts dans une solitude partagée. Je vois Moulai rentrant au foyer chercher du matériel pour filmer la rencontre du soir, à l’association des femmes handicapée dont nous la notre est partenaire. La sienne qui plie le linge et s’évertue verbalement à décoller sa petite du poste de télévision, car l’heure de la prière approche. Lui qui étant son tapis avec précaution, et s’agenouille plein de justesse. Puis s’apprêtant à se relever, son fils se hisse sur son dos, l’étreint, alors qu’impassible il spécifie simplement que le moment s'y prête mal, d’un geste.

A côté de ça l' ‘AMERICAN WAY OF LIFE" comme point de mire, horizon et mirage. Certains m’ont parlés de frigidaires et d’écran plat comme de véritables œuvres d’arts. En soirées les jeunes qui le peuvent sortent dans les ‘maquis’, discothèques locales où l’alcool est interdit mais vendu. Le jour vêtus de boubou et chemises traditionnelles, le soir de prêt à porter dernier cris en synthétique. On va a l’école coranique au ‘petit matin’ mais personne ne semble manquer le ‘soap’ journalier de Pretenta. Une belle vedette espagnole (mal doublée en français) aussi opportuniste que sont chirurgien plastique, cette semaine annonce à son amant comptable que suite a la chute de la bourse, elle va retrouver son mari pour dissiper ses soupçons.. . Amza ne comprend pas un traitre mot de français, et il est loin d’être un cas isolé. Au quotidien pas moins de trois ethnies se mêlent ici, or le Français n’est qu’un vestige administratif, qui sert principalement dans le commerce avec les touristes. Pourtant chaques après midi, lui aussi s’assoie religieusement devant l’écran. Au milieu du sable la television sort d’une autre boutique, qui veux s’invite. Chez Tahara un ami de passage, est enjoint à partager ce moment avec la famille, jusque là très occupée. Les activités se gèlent une vingtaine de minutes. Comme au moment des prières. Les conversations vont bon train entre les femmes ‘Elle exagère non ! moi je préfère Rudi’. Moi je reste perplexe.

Comment tout ça peut cohabiter aussi naturellement..."Lâche tes idées si ce sont des notions" nous rappelle Ferré, et peut être est ce précisément pour ça que l'on monte encore dans cet avion, qui ne fais pas sa correspondance, est en retard, et vous lâche dans des villes aux noms mystérieux ... peut être juste pour lâcher nos conceptions préfabriquées, comme on n’y arrive rarement, que par nécessitée.










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.août 2007.